Qui lâche les chiens, qui se la ramène
Qui fait du bruit dès qu’il monte sur scène
Qui traque ses mots comme un prédateur
Qui maintient la tension dans les hauts parleurs
Qui sur grosse caisse, caisse claire et charley
A la langue bien pendue et le franc parler
Qui a l’aplomb de botter le cul du maître
Quelle sous culture se définit en trois lettres

Le RAP

Qui porte les stigmates de sa classe sociale
Qui se rend rarement d’humeur joviale
Qui n’essuie que railleries et ragots
Ce trentenaire à qui on ne fait pas de cadeaux
Qui a pris le relais de Ferré et aimé Césaire
Cette maudite écriture dénigrée par ses pairs
Qui défraie la chronique depuis sa naissance
Qui peut toujours attendre pour un peu de reconnaissance

Le RAP

C’est une voix qui s’élève du chahut
C’est l’halu mais c’est la vie de la rue
Une rage qui s’hérite, un micro qui crépite
C’est une bouche qui débite tous les thèmes qu’on évite
C’est le coup de massue qui agace le beau monde
La menace sur les ondes
La sale gueule sur qui s’abat la censure
Qu’ils voudraient mettre au pas mais qui a la dent dure

Le RAP