J’ai faim de sens, de fond
J’ai besoin de lumière, de réponses à mes questions
Mon cerveau en péril réclame en vain sa nourriture
La qualité, la finesse et du style, pas de la pourriture
Donne moi l’ivresse de pensées claires et limpides
De mots vrais qui vieillissent et ne prennent pas une ride
Je suis bien trop curieux pour me contenter des miettes
Rester condamné à n’évoluer qu’au ras des pâquerettes
Alerte permanente, je veux rester réveillé
Affûter mes vers pour me défendre sans bégayer
Déjouer les pièges et éviter les raccourcis
Vite, le temps est mon ennemi, ici le champ se rétrécit
Donc faut que j’emmagasine puis que je laisse aller la prose
Sans renier mes origines et bien avant que je me décompose
Vite, besoin d’évasion, de sources d’inspiration
De toutes ces voies qui ouvrent le chemin de l’émancipation

J’ai faim

Oui j’ai faim, une faim de crève la dalle
Un appétit féroce qui peu à peu sort de la cale
Et qui salive à l’approche de chaque nouveau niveau
Je me renforce, m’endurcis, j’ai les crocs, parole de moricaud
Claque le bec des pédants, des prétentieux
Dans ma bouche, la langue française prend l’accent de la banlieue
Et c’est tant mieux, ça dérange, ça devient explicite
Tout d’un coup, les oreilles sifflent car le contenu est illicite
Oui le prolo s’exprime et le propos est maîtrisé
Incroyable, hein ? Viens, tu vas te faire ridiculiser
A me prendre pour un con, je crois que j’ai fini par comprendre
Si le savoir est une arme, maintenant voilà ce que ça engendre
J’irais pécho les munitions dans les livres ou au cinéma
Sur le net, au théâtre comme au bistrot en bas de chez moi
Et je te pilonnerais d’un ton froid et ferme
Conscient de la puissance d’une idée qui arrive à terme

J’ai faim