Il existe une idée que je traque depuis longtemps
Que j’occulte que je surprends
Que je perds et que je retrouve au matin
Encore plus féroce que la veille
Plus orgueilleuse, plus vile
L’accent pédant de sa langue d’épouvante
Elle se propage elle s’étend
Elle a germé pour nous couper l’élan
De belles phrases solennelles et froides
Elle vous ligote le pauvre
En quelques mots convenus elle vous le bâillonne
Et le temps d’une respiration elle vous l’étripe
Ou elle vous le parque
Vous l’enclave
Le disqualifie aux portes de l’Humanité
Lui inculque savamment la peur
Et lui apprend que le larbinisme est une qualité
Et à force de le définir comme une bête
Elle s’habitue à le traiter comme tel
Au final ça n’a plus rien d’anormal
C’est comme domestiquer des bœufs
Ah le beau travail !
Le raisonnement bien huilé de cette sale idée
La grande usurpation qui proclame sur tous les toits
Qu’elle est parfaitement civilisée
Cette effroyable lubie
Sanglante
Féconde
Qui justifie les lois de l’oppression
Et l’immonde prétention de vouloir posséder le monde