Je suis l’appel de l’épée conservatrice
Et il est l’heure je veux des preuves de ton sens du sacrifice
Allez lève-toi, bat-toi, tue pour moi
Fais couler le sang impur sans demander pourquoi
Viens, suis moi, je suis la plus belle cause pour mourir
Au nom de toutes tes bouches à nourrir
Contiens ta douleur, fais ton devoir avec passion
Question d’honneur pour la grandeur de la nation
Les traîtres et les ordures, moi je leur plante mon drapeau
Et à grand coup de clairon je les torture, je les Guantanamo
Ne t’avise surtout pas de renier ton pays
Je te veux docile, écoute et obéis

J’aime la discipline, la hiérarchie
Les uniformes et les insignes, je protège l’ordre établi
Respectueux des traditions j’ai horreur du changement
Je tiens à garder ma place donc je la défends
Testostérone à bloc, je donne dans la gonflette
Ni mauviette, ni tantouse, j’ai l’esprit de compet
L’esprit de conquête, un faible pour les coups bas
Chauvin, imbus de moi, je revendique la grosse tête
Je ne me complais que dans l’excès et la démesure
Homme d’exception, je viens marquer l’histoire de ma signature
Je kiffe les bains de foule qui donne l’assise à mon statut
Ces grandes messes populaires qui t’en mettent plein la vue
Je prends mon pied dans les tribunes de tous les stades
C’est jour de fête, étendard levé, je parade
La foule m’acclame et s’égosille sous mon emprise
Et moi, je rigole quand ça déborde, quand elle se radicalise

Animé par le désir de dominer
Je suis né pour briller et le faire savoir au monde entier
En temps de crise, je gonfle mes rangs dans la misère
Je divise et encourage le repli communautaire
Rien à foutre, chacun pour soi et dieu pour tous
Je croque les faibles, je m’étends, je les repousse
Je fonds sur tous les fronts, refuse de ronger mon frein
Je sais qu’au bout du compte il ne peut qu’en rester qu’un
Fier de mes frontières je choisis mes étrangers
Si je pouvais les autres, je voudrais tous les étrangler
Les mettre au pas, leur montrer qui c’est le patron
Piller leurs richesses avant de brûler leur maison
Violer leurs femmes et purifier enfin leurs gènes
J’aime entendre leurs cris pour apaiser ma haine
Je voudrais les voir se prosterner devant mon dieu
Je leur imposerai mes valeurs, fusil chargé entre les yeux

J’ai l’arme absolue pour diriger tout un empire
Je suis la race élue, j’ai foi en l’avenir
J’ai vu les plus grands chefs s’asseoir à ma table
Je les oriente, les conseille, ils me sont tous redevables
A mon actif, une pléthore de coups d’éclat
De somptueux complots, de messes basses, de coups d’état
J’ai l’art et la manière de servir leurs noirs desseins
De raviver ce feu même s’il te paraît éteint
Je suis le silence des pantoufles avant le bruit des bottes
Souveraineté légitime, j’ai l’appui du bulletin de vote
Et ouais petit, j’ai la main mise au jeu des urnes
Simple formalité que je règle en réunions nocturnes
J’ai la force de déplacer les montagnes, n’ais crainte
Avec moi tu marqueras même la lune de ton empreinte
Abreuve toi de mon sillon, ensemble tout devient possible
Sous mon couvert la pire ignominie paraît crédible

Enfin
J’érige des monuments à la gloire de mes martyres
Et distribue deux, trois médailles aux soldats qui ont pu revenir
Eternellement reconnaissant, une salve à l’enterrement
Je lâche des fleurs en leur mémoire une fois par an
Je suis la propagande officielle
Ma face sur tous les murs, j’avance béni du ciel
Je diabolise l’ennemi selon mes intérêts
Et joue sur tes peurs pour que la hache soit déterrée
Je sais très bien comment te retourner le cerveau
Je te travaille au corps jusqu’à trouver ta faille
Vulgaire chair à canon, je ne donne pas cher de ta peau
Je suis ce vent qui rend fou dans les champs de bataille
J’ai le ton, les mots qu’il faut, le chant parfait
Je fanfaronne, galvanise les troupes et mets le paquet
Je suis la voix du patriote aux yeux de braise
Tu connais bien une de mes filles, on la surnomme la Marseillaise