Monsieur roule en bolide allemand 130000.
Travaille dans une banque du centre-ville et tu l’auras compris, le bureau de Monsieur n’est pas au rez-de-chaussée, le bureau de Monsieur est en hauteur.
Costume sur mesure 4000, il en impose dans les couloirs parfaitement corporate.
Un bel exemple de réussite Monsieur s’est fait tout seul, a bien placé ses billes et ne s’en cache pas.
C’est d’ailleurs son histoire préférée.
Monsieur a l’arrogance des nouveaux riches mais dans son nouveau milieu ça passe bien.
Ça passe pour de l’ambition et il n’y a rien de mal à ça, oh non, bien au contraire.
Monsieur flambe, a le teint halé en toute saison, il a la forme et s’entraîne au meilleur club de la ville.
30 000 à l’année hors frais de fonctionnement, il en est actionnaire et voit ça comme une petite consécration.
Vêtue d’un tailleur de marque italienne 6000, Madame quant à elle ne travaille pas mais Madame est débordée.
La bonne s’occupe des gosses, fait à bouffer le service et le ménage mais Madame ne s’en sorttoujours pas.
Faut dire que la maison est grande et Madame doit la meubler.
Madame peine avec la styliste que lui a conseillé sa chère voisine au gala de bienfaisance d’une marque d’ordinateur leader sur le marché 20 000.
Le soir une fois rentré du travail la tête pleine de réunions et de repas d’affaires harassants, pleine de cruciales décisions à prendre et de chiffres colossaux en jeu, Monsieur retrouve Madame.
Les enfants ont fait leurs devoirs et sont couchés, il est 21 heures Monsieur se sert un verre et veut se détendre. Comme d’habitude il passe au petit salon mais fait tomber son verre en chemin.
Au bruit du verre cassé sur le marbre d’Italie, la soubrette 600 et c’est un bon prix, sort aussitôt de la cuisine pour nettoyer ça rapidement et retourne à sa place ni vu ni connu.
À cet instant précis, il dit avec satisfaction à sa douce moitié siliconée en lui tapant les fesses :
« T’as vu qu’j’avais raison les Éthiopiennes c’est une affaire, ça n’a l’air de rien comme ça, mais c’est efficace ! »

Moralité en guise de chute
La vulgarité ne dit pas jamais fils de pute
Enculé de ta race ou va niquer ta mère
La vraie vulgarité ne tient pas ce vocabulaire
Elle se cache derrière de belles familles et de belles carrières
De sourires hypocrites et de bonnes manières
Tu la reconnais au ton condescendant
La vraie vulgarité se lâche comme ça en plaisantant
Elle croit que tout lui est dû que tout s’achète
L’argent et le pouvoir lui sont montés à la tête
Elle fait son beurre sans scrupules dans la misère
La vraie vulgarité sait comment s’en satisfaire
Vénale, sans complexes, elle s’étale
Dégueulasse elle a ce mépris de classe qui fait mal
Elle est vicieuse, elle est sournoise
La vraie vulgarité elle est bourgeoise.